
Il y a des concerts qui se méritent, un peu plus que d’autres. Le Printemps de Pérouges, ce soir, en fait partie. Une chaleur écrasante, un accès chaotique aux parkings pour ce premier jour de festival, une cohue difficile à canaliser à l’entrée du site… Bref, les étoiles semblaient alignées pour nous empêcher de voir la première partie de la soirée, pourtant prometteuse, en la personne de De’Wayne. Mais une fois dans l’enceinte du festival, tous ces désagréments ont vite été oubliés. Car Lenny Kravitz avait décidé de rappeler pourquoi il reste, près de quarante ans après ses débuts, l’une des dernières rock stars de sa génération.
Live report – Lenny Kravitz
📆 23 juin 2026
📌 Saint-Maurice-de-Rémens
🎸 Printemps de Pérouges
⏱️ Concert : environ 2 h
Une fois (enfin !) dans l’enceinte du festival, on tombe vite sous le charme du lieu. Installé à proximité du château de Saint-Maurice-de-Rémens, où Antoine de Saint-Exupéry a passé une grande partie de son enfance et puisé une partie de son inspiration, le site bénéficie d’un cadre assez spectaculaire. Un lieu chargé d’histoire et de culture, c’est de bon augure !
Ce mardi soir, le parc du château affichait complet pour accueillir le retour de Lenny Kravitz en région lyonnaise. Un peu plus d’un an après son passage à la LDLC Arena, l’Américain retrouvait le public rhônalpin dans un cadre radicalement différent. Devant plus de 10 000 spectateurs, il a déroulé pendant près de deux heures une setlist mêlant grands classiques et quelques titres issus de Blue Electric Light.
Mode festival activé
On pouvait craindre un copier-coller de son passage à la LDLC Arena il y a quelques mois. Dès les premières notes, nous voilà rassurés. Pas de riff introductif de Are You Gonna Go My Way cette fois-ci, il faudra attendre la fin du concert. À la place, une entrée en scène plus classique avec Bring It On puis Dig In. Le ton est donné.
Lenny Kravitz n’est ce soir plus vraiment dans une logique de promotion. Son dernier album, Blue Electric Light, est sorti en 2024 et la tournée qui l’accompagnait est désormais derrière lui. Il n’en jouera d’ailleurs que deux titres. Cet été, l’Américain sillonne surtout les festivals. Une configuration qui lui va plutôt bien et lui permet de se consacrer pleinement à la musique.

Pas d’écran géant omniprésent. Pas de scénographie monumentale. Peu d’effets spéciaux. Même les habituels déhanchements semblent moins nombreux (la chaleur peut-être ?). Lenny Kravitz garde l’essentiel : un groupe solide, une collection de chansons que beaucoup lui envient et une présence scénique intacte.
Le début de concert alterne nouveautés et morceaux plus anciens. L’excellent TK421 apporte sa dose de groove tandis que le non moins excellent Always On The Run déclenche les premières véritables réactions du public. Derrière lui, le fidèle Craig Ross continue d’assurer le rôle de lieutenant en chef. Jas Kayser impressionne par son énergie derrière les fûts tandis que Hoonch « The Wolf » Choi et George Laks verrouillent parfaitement la mécanique. Aux chœurs, Tiffany Smith et Maiya Sykes apportent la touche soul indispensable à l’univers Kravitz.
La machine à tubes est lancée
L’ambiance change lorsque résonnent I Belong To You puis Stillness Of Heart. Le Printemps de Pérouges se transforme alors en immense chœur à ciel ouvert. Lenny Kravitz prend son temps, laisse respirer les morceaux et multiplie les échanges avec le public.
La partie centrale du concert est l’occasion pour Lenny Kravitz de fouiller un peu plus profondément dans son catalogue. Believe, Honey, Beyond the 7th Sky ou encore Low offrent une respiration avant le retour des grands classiques.
C’est le moment de lâcher les chevaux et d’attaquer l’instant Best of. The Chamber puis I’ll Be Waiting préparent le terrain avant un magnifique It Ain’t Over ‘Til It’s Over, pépite de l’album Mama Said et inspirée de la Motown, de la soul de Philadelphie et de Earth, Wind and Fire (il ira jusqu’à leur emprunter leur section de cuivre pour l’enregistrement en studio).
À partir de là, le concert entre dans sa dernière ligne droite. Again apporte une parenthèse plus intime avant que American Woman, reprise (on l’oublie parfois !) de The Guess Who, ne fasse monter la température de plusieurs degrés (comme si on avait besoin de ça). Lenny conclut alors avec deux incontournables. D’abord Fly Away, puis quelques minutes plus tard Are You Gonna Go My Way, qui provoque l’une des plus fortes réactions de la soirée et sans doute le record de téléphones levés dans le public. Plus de trente ans après sa sortie, le morceau conserve une efficacité redoutable.
Après une courte sortie de scène, Lenny Kravitz revient pour un unique rappel. Comme souvent, c’est Let Love Rule qui referme le concert, dans une version qui s’étire longuement. Ces dernières minutes voient le chanteur prolonger le plaisir au contact du public, multipliant les poignées de main le long des barrières et signant même quelques autographes aux fans de la première heure qui ont bravé la chaleur pour être aux premières loges.

Bref, ça en valait la peine !
Dans un cadre exceptionnel, le Printemps de Pérouges avait misé sur une valeur sûre pour lancer sa série des grands concerts. Le pari est réussi. À 62 ans, Lenny Kravitz n’a plus grand-chose à prouver. Il n’est plus dans la conquête. Il est simplement dans la transmission d’un catalogue devenu la bande-son de plusieurs générations. Un catalogue où se croisent rock, funk, soul et, plus souvent qu’on ne le souligne, un solide héritage blues qui continue d’affleurer au détour d’un riff ou d’un solo.
Après les embouteillages, la chaleur et les files d’attente, Lenny Kravitz nous a finalement offert un beau voyage qu’il aurait été dommage de louper. À deux pas de la maison d’enfance d’un aviateur bien connu, difficile de trouver meilleur endroit pour survoler l’ensemble de sa carrière.
Setlist
Lenny Kravitz – Printemps de Pérouges 2026
📍 Saint-Maurice-de-Rémens
📆 23 juin 2026
- Bring It On
- Dig In
- TK421
- What the …. Are We Saying?
- Always on the Run
- Live
- Fields of Joy
- I Belong to You
- Stillness of Heart
- Believe
- Honey
- Beyond the 7th Sky
- Low
- The Chamber
- It Ain’t Over ‘Til It’s OverAgain
- American Woman
- Fly Away
- Are You Gonna Go My Way
Rappel
- Let Love Rule
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